Us & Coutumes

 

Si les écoles étaient, pour tout enfant de la Marine, un lieu d'enseignement, d'éducation et de quête de savoir et de connaissances, il n'en demeure pas moins que, dès la porte de sortie franchie ou pendant les vacances, le jeu et les réjouissances étaient vécus avec passion, émotion, rituel, enthousiasme et exaltation des plus petits aux plus grands. Les citer tous serait présomptueux, tant ils étaient variés et nombreux, mais présenter les plus connus rappellera à certains de bons et lointains souvenirs.

( La Jolata de la place Pologne )

 

- La « Jolata « ( ferraille ) ; le jour de Pâques , il s’agissait de traîner le plus possible d’objets en fer : sommier, bidons, lessiveuses , casseroles , poèles ….et de taper dessus avec un bâton en parcourant les rues, tandis que les gens jetaient par les fenêtres vieux verres ou assiettes.

JOLATA : cliquez ici

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( Préparation du dernier Feu de la St Jean- la Calère 23 juin 1960 )

 

- La « Fouguera « ( feu ) ; le soir du 23 juin , pour la St Jean , un brasier était allumé sur les places (Nemours, Isabelle, La Perle, etc…) ; tout le quartier sortait admirer les feux, les grands comme les petits sautaient autour du brasier; certains téméraires tentaient un saut au dessus des flammes sous les applaudissements; les rires et les pétards fusaient, tandis que les "Fèves au cumin" étaient traditionnellement fort appréciées.(voir Fouguera)

FOUGUERA : cliquez ici

 

- L'Entierro de la Sardina: Il avait lieu le mercredi des Cendres en fin de matinée; trois personnes déguisées en veuves éplorées, accompagnées d'une autre en curé, descendaient de la Calère vers la rue d'Orléans en poussant devant elles une petite charrette drapant de noir un cercueil supposé contenir le corps de la "Sardine". Aux larmes des veuves répondaient les rires des enfants suivant ce cortège qui, passant la rue A. Sans, celle de Mr Ruiz et son "burro", atteignait la place Emerat pour parvenir sur l'artère commerçante de la Marine.

( Charrette à bras )

 

Devant chaque commerce, le même scénario: les veuves inconsolables pleuraient et attendaient le bon vouloir des commerçants qui leur offraient, selon leur boutique, soit une boite de sucre, une baguette de pain, un gâteau, une bouteille de vin ou encore une anisette servie sur le comptoir du bar sollicité et ainsi de suite tout au long de la rue, les unes se lamentaient et les gosses rigolaient….

 

A la question: "Hay, señoras que pasa..? porque estos llorones? "
La réponse était identique: "Se murio nuestra hija, la pequenita, la Sardinita y hoy, es su entierro…".
L'histoire ne dit pas comment et dans quel état finissaient les participants à cet enterrement………..!!!!!!!!!!

 

- Tira la figa: moins connu, car très ancien; le principe consistait pour les plus âgés de laisser pendre, depuis un balcon, une ficelle à laquelle était attachée une sucrerie; les gamins se devaient de saisir ce bonbon avec leurs dents, les bras derrière le dos et chanter en sautant "…con la boca… si, con las manos, no…"; l'adulte se faisait un plaisir de lever autant de fois que nécessaire le bâton avec la ficelle pour faire durer le jeu, au grand désarroi des enfants.

 

( carrico )

 

- Les autres jeux: le Carrico, Capitulé , la Spargata, Burro Flaco, Arroz se quema, Gabilan, les Pignoles, La Toupie, les Cartelettes, les Binagates, le Pitchak, les Echasses( sur boîte de conserve) et bien sur le Tour de France avec les platicos .


 

" la Bilotcha et le Carapoucho" :

 

A Oran, les saisons étaient ponctuées par de merveilleuses traditions ; dès l’arrivée du printemps, nos parents s’activaient pour réussir leurs sorties que ce soit à Santa Cruz ou ailleurs.
Les rivages côtiers de même que les sites de l’intérieur de l’Oranie ne manquaient pas de charme pour les pique-niques familiaux ; dans les « cabassettes » se trouvaient pêle-mêle diverses victuailles préparées avec soin, aux senteurs spécifiques, les traditionnels desserts (mounas, mantecados, rollicos, etc…), sans oublier évidemment l’anisette, toujours servie avec une eau bien fraîche.

rollicos

 

Ces instants étaient privilégiés, car ils conjuguaient vacances et évasions ; parmi ces sorties figurait celle de la « Mouna » au moment des fêtes de Pâques, sur les chemins des Planteurs et les pentes de Santa Cruz pour la plupart, vers la forêt de M’Sila pour d’autres ; à cette occasion étaient, en particulier, arborées les fameuses « Bilotchas », plus communément appelées cerfs-volants par les gens de la ville.

 

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mouna (ou mona).......................................................................................................................montecados

 

 

Anisette

 

Confectionnées avec passion et méthode héritée des anciens, il fallait qu’elles soient belles, mais aussi solides afin de s’élever le plus haut possible ; souvent, sa fabrication était collective et chacun fournissait le matériel nécessaire : des roseaux pour l’armature, des feuilles de papier transparent aux couleurs chatoyantes, une bobine de ficelle solide pour éviter le « corta ilo » en vol, de la colle, préparée avec eau et farine, et enfin des chiffons pour la queue, dont la longueur définitive n’était décidée qu’après les premiers essais.

 

C’était une véritable oeuvre d’artiste qui demandait beaucoup de soins et de précisions ; à cet égard, de nombreux marineros élaboraient, selon son inspiration ou son humeur, des « bilotchas » aux formes différentes, telles « le bacalao, le barilete, la luna ou la estrella ».

A coté de ces créations étaient également fabriqués de plus modestes objets volants dénommés « Carapouchos » ; faits d’une seule feuille de papier, cahier ou journal, avec une queue de laine très réduite, un peu de ficelle, le tour était joué. Ils semblaient bizarres d’autant que leur envol, tenté à titre de test par les plus jeunes dévalant les rues, était souvent stoppé par les câbles électriques ou autres obstacles ; mais qu’importe ! ! !

Au jour « J », que d’émerveillements dans le ciel d’azur oranais décoré, ça et là, par toutes les « bilotchas » en forme de cœurs, d’étoiles, de tonneaux et autres trapèzes, virevoltant au gré d’une légère bise et traînant une écharpe multicolore ? Tous admiraient ce beau spectacle et félicitaient les envols les plus éloignés, récompensant ainsi leur créateurs, fiers et satisfaits du travail accompli, sans omettre de donner des encouragements aux jeunes fabricants des meilleurs « carapouchos ».

 

( texte de Raphael Passarelli )

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